Installer PostgreSQL et pgAdmin
Les outils du cours, et de quoi travailler pendant l'installation.
Après cette fiche, vous saurez :
- installer PostgreSQL et pgAdmin
- se connecter au serveur et créer une base
- ouvrir une fenêtre de requêtes
- utiliser un éditeur en ligne quand on n'a pas PostgreSQL
1En attendant : un éditeur en ligne
L'installation prend du temps, et il arrive qu'un poste résiste. Vous n'avez pas besoin d'attendre pour commencer à écrire du SQL.
Des sites permettent d'exécuter du PostgreSQL directement dans le navigateur, sans rien installer et sans créer de compte.
| Site | Adresse | Remarque |
|---|---|---|
| Aiven PG Playground | aiven.io/tools/pg-playground | Le plus simple. Vraie base PostgreSQL dans le navigateur, sans compte. |
| SQL Online | sqliteonline.com | Choisir PostgreSQL dans le menu de gauche. Permet aussi de voir les tables et d'exporter. |
Attention
Vos données disparaissent quand vous fermez l'onglet.
Ces outils tournent dans la mémoire du navigateur. Ils sont parfaits pour tester une requête ou suivre la séance, mais pas pour conserver un travail.
Prenez donc l'habitude de garder votre SQL dans un fichier texte à côté. C'est de toute façon la bonne pratique : le SQL se conserve, se relit et se recorrige.
Faites l'essai tout de suite. Ouvrez un de ces sites, collez ceci, et lancez.
CREATE TABLE lecteurs (
num_lecteur INTEGER,
nom VARCHAR(50),
prenom VARCHAR(50)
);
INSERT INTO lecteurs VALUES (1, 'Dupuis', 'Camille');
INSERT INTO lecteurs VALUES (2, 'Martin', 'Sofia');
SELECT * FROM lecteurs;num_lecteur | nom | prenom
------------+---------+--------
1 | Dupuis | Camille
2 | Martin | SofiaVous venez de créer une table, d'y mettre deux lignes et de les relire. Vous ne comprenez pas encore ces commandes, c'est normal : elles font l'objet des fiches 6 et 8.
2Installer PostgreSQL
PostgreSQL est le SGBD : le moteur qui stocke et gère les données. Il est gratuit et libre.
- Aller sur le site
Tapez
postgresql.org/downloadet choisissez votre système. - Lancer l'installateur Prenez la version 18, la version stable actuelle.
- Cocher pgAdmin L'installateur propose une liste de composants. Laissez tout coché : PostgreSQL Server, pgAdmin 4, et Command Line Tools. Les trois nous serviront.
- Choisir un mot de passe
On vous demande un mot de passe pour l'utilisateur
postgres. Notez-le immédiatement. Il n'existe aucun moyen simple de le retrouver. - Laisser le port par défaut Le port 5432. Ne le changez pas.
- Ignorer Stack Builder À la fin, un outil propose d'installer des extensions. Décochez et terminez.
Attention
Le mot de passe est le point critique de l'installation.
Chaque année, des étudiants ne peuvent plus se connecter parce qu'ils l'ont oublié ou mal noté. Écrivez-le sur papier, ou choisissez quelque chose de simple — c'est une base d'exercice sur votre machine, pas un serveur bancaire.
postgres comme mot de passe est acceptable pour ce cours.
3pgAdmin : l'interface
pgAdmin n'est pas la base de données. C'est l'interface graphique qui permet de piloter PostgreSQL sans tout taper en ligne de commande.
À retenir
La distinction est importante.
- PostgreSQL tourne en arrière-plan, tout le temps. C'est lui qui détient les données.
- pgAdmin est une fenêtre par-dessus. Le fermer n'arrête pas la base.
Comparaison : PostgreSQL est le moteur de la voiture, pgAdmin est le tableau de bord.
Se connecter
- Lancer pgAdmin Il s'ouvre dans votre navigateur. C'est normal, ce n'est pas une erreur.
- Déplier « Servers » Dans la colonne de gauche, cliquez sur la flèche à côté de Servers, puis sur PostgreSQL 18.
- Entrer le mot de passe Celui de l'installation. Cochez Save password pour ne plus avoir à le retaper.
Une fois connecté, dépliez Databases. Vous y trouvez une base
postgres : c'est la base technique de PostgreSQL. Ne travaillez
jamais dedans.
Créer votre base
- Clic droit sur Databases Puis Create → Database…
- Donner un nom
bibliotheque. Pas d'espace, pas d'accent, pas de majuscule. - Enregistrer Cliquez sur Save. Votre base apparaît dans la liste.
Attention
Toujours en minuscules, sans accent, sans espace.
PostgreSQL accepte Bibliothèque, mais il faudra ensuite écrire des
guillemets partout : SELECT * FROM "Bibliothèque". Vous allez vous en
mordre les doigts.
Cette règle vaut pour tous les noms : bases, tables, colonnes. En minuscules,
et avec un tiret bas pour séparer les mots : num_lecteur,
date_emprunt.
4Écrire du SQL dans pgAdmin
Sélectionnez votre base bibliotheque, puis dans le menu du haut :
Tools → Query Tool. Vous pouvez aussi cliquer sur l'icône en forme
d'éclair.
Une fenêtre s'ouvre en trois parties : la zone d'écriture en haut, le bouton d'exécution, et les résultats en bas.
| Action | Comment |
|---|---|
| Exécuter tout | Touche F5, ou le bouton ▶ |
| Exécuter une seule requête | Sélectionnez-la à la souris, puis F5 |
| Voir le résultat | Onglet Data Output, en bas |
| Voir l'erreur | Onglet Messages, en bas |
À retenir
L'astuce la plus utile du cours : sélectionner avant d'exécuter.
Sans sélection, F5 exécute tout le contenu de la fenêtre. Avec une sélection, il n'exécute que ce qui est surligné.
Cela vous permet de garder toutes vos requêtes de la séance dans la même fenêtre et de n'en relancer qu'une seule à la fois.
Attention
Vérifiez toujours la base sur laquelle vous travaillez.
Le nom est affiché en haut de la fenêtre de requête. Une erreur classique consiste à
créer ses tables dans la base postgres au lieu de
bibliotheque, puis à ne plus les retrouver.
Voir les tables
Une table créée n'apparaît pas toute seule dans l'arborescence de gauche. Il faut rafraîchir : clic droit sur la base, puis Refresh.
Le chemin complet est long, mais on le retient vite :
Servers > PostgreSQL 18 > Databases > bibliotheque > Schemas > public > Tables
Le schéma public est le rangement par défaut. Tant que vous n'en
créez pas d'autres, toutes vos tables y seront.
→Exercices
Sans rien installer, ouvrez aiven.io/tools/pg-playground et exécutez
ce script.
CREATE TABLE auteurs (
num_auteur INTEGER,
nom VARCHAR(50),
nationalite VARCHAR(40)
);
INSERT INTO auteurs VALUES (1, 'Zola', 'Française');
INSERT INTO auteurs VALUES (2, 'Simenon', 'Belge');
SELECT * FROM auteurs;- Combien de lignes le résultat contient-il ?
- Relancez le script une deuxième fois. Que se passe-t-il ?
- Rechargez la page, puis exécutez uniquement le
SELECT. Que se passe-t-il ?
Solution
num_auteur | nom | nationalite
-----------+---------+------------
1 | Zola | Française
2 | Simenon | Belge1. Deux lignes.
2. Une erreur apparaît :
ERROR: relation "auteurs" already exists
La table existe déjà, PostgreSQL refuse de la recréer. C'est une protection : sans elle, vous écraseriez vos données par accident.
Le mot relation est le terme technique pour « table » dans les messages PostgreSQL. Vous le verrez souvent.
3. Autre erreur :
ERROR: relation "auteurs" does not exist
Le rechargement a tout effacé. C'est exactement la limite annoncée : ces outils ne conservent rien.
La leçon : gardez votre SQL dans un fichier texte. Le script est la seule chose qui vous appartienne vraiment.
- Installez PostgreSQL 18 et pgAdmin.
- Connectez-vous au serveur.
- Créez une base nommée
bibliotheque. - Ouvrez le Query Tool sur cette base.
- Exécutez la requête ci-dessous et notez la réponse.
SELECT version();
Solution
PostgreSQL 18.6 on x86_64-pc-windows-msvc, compiled by ...
SELECT version() demande au serveur de s'identifier. Si vous obtenez
une réponse, c'est que la chaîne complète fonctionne : PostgreSQL tourne, pgAdmin s'y
connecte, et votre requête est bien arrivée jusqu'au moteur.
Si ça ne marche pas :
| Message | Cause probable |
|---|---|
password authentication failed | Mauvais mot de passe. C'est celui de l'installation. |
could not connect to server | Le service PostgreSQL ne tourne pas. Redémarrez la machine. |
database ... does not exist | Vous êtes connecté à une base qui n'existe pas. Vérifiez le nom en haut de la fenêtre. |
Dans votre base bibliotheque, exécutez le script de l'exercice 1
(la table auteurs).
- Retrouvez la table dans l'arborescence de gauche. Quel est le chemin complet ?
- Clic droit sur la table, puis View/Edit Data → All Rows. Que se passe-t-il ?
- Fermez pgAdmin, rouvrez-le. Vos données sont-elles toujours là ?
- Comparez avec ce qui s'est passé à l'exercice 1.
Solution
1. Le chemin
Servers > PostgreSQL 18 > Databases > bibliotheque > Schemas > public > Tables > auteurs
Si la table n'apparaît pas : clic droit sur Tables, puis Refresh. pgAdmin ne se met pas à jour tout seul.
2. pgAdmin écrit et exécute la requête à votre place, et affiche les deux
lignes. Regardez la fenêtre : il a généré SELECT * FROM public.auteurs
ORDER BY num_auteur ASC.
C'est un bon réflexe à prendre : quand vous ne savez pas écrire une requête, faites-la faire par le menu et lisez le SQL produit.
3. Oui, tout est là.
4. La différence est fondamentale.
| Éditeur en ligne | PostgreSQL local | |
|---|---|---|
| Où sont les données ? | Mémoire du navigateur | Sur votre disque dur |
| Après fermeture ? | Tout est perdu | Tout est conservé |
| Pour quoi faire ? | Tester, dépanner | Le vrai travail |
C'est précisément ce qu'on attend d'une base de données : que les données survivent à la fermeture du programme. Une variable en mémoire ne le fait pas, une base de données si.
Je sais faire
- PostgreSQL et pgAdmin sont installés sur ma machine.
- Je sais me connecter au serveur avec mon mot de passe.
- Je sais créer une base de données dans pgAdmin.
- Je sais ouvrir l'outil de requête et exécuter du SQL.
Une case qui coince ? Relisez la partie concernée avant de passer à la fiche suivante.